Je comprends très bien qu’on ait toujours de bonnes excuses pour ne pas avoir fait ce qu’on devait faire. C’est souvent inconscient et ça nous permet sans doute de ne pas trop nous sentir coupables.

C’est beaucoup plus difficile de tolérer la mauvaise foi, et particulièrement la manie que certains ont d’invoquer des motifs élevés pour masquer des motivations beaucoup plus basses, quand ce n’est pas … l’absence de motivation.

Ceux qui doivent diriger, mais qui refusent d’agir, de prendre des risques ou plus simplement d’assumer leurs responsabilités ; ceux qui manquent de courage ou d’intégrité, ou que la peur de déplaire paralyse, tous invoquent trop souvent la vertu de tolérance comme excuse universelle.

Un philosophe contemporain devait faire référence à cette forme de démagogie ou d’hypocrisie en écrivant: « Il y a des tolérances qui ressemblent à la démission » (Gustave Thibon).

Karl Popper, philosophe des sciences à qui on doit le critère de «réfutabilité» lorsqu’il s’agit de considérer le caractère scientifique d’une théorie a aussi abordé le paradoxe de la tolérance dans « La société ouverte et ses ennemis ». L’idée, comme la démonstration, veulent que la tolérance doit avoir des limites, à défaut de quoi elle finirait par tolérer ceux qui ne la tolèrent pas et qui voudraient même la voir disparaître.  Sans balise, et élevée au niveau du dogme, la tolérance pourrait donc être suicidaire.